Partager la publication "Petite chronique décalée du conseil municipal – 19/02/21 –"
Ami(e) lecteur/trice, autant te prévenir: je vais une fois de plus relater l’un de ces moment sans intérêt et ô combien en dessous de tout, mais pourtant tellement révélateurs de ce qui se joue réellement actuellement dans notre village.
Je souhaiterais ne plus avoir à y revenir, mais ne peux les passer sous silence. À moins que d’autres évènements dépassant le niveau de ceux que je vais te conter ici ne surviennent à nouveau dans le cadre des séances du conseil municipal (CM) de Durfort, je te promets donc de ne plus t’embêter avec ce genre de choses.
J’espère ne plus avoir à écrire au sujet des attaques continuelles dont moi ou ma colistière sommes victimes: on ne va pas passer 5 ans à épiloguer sur les sautes d’humeur de l’un ou l’autre… mais le 19 Février 2021, on a touché le fond! Et cela mérite d’être conté.
Laissons la peur du rouge aux bêtes à cornes!
« T’as rien compris. Rien compris à la réalité d’ici. Ça s’apprend. Ça se découvre. »
Au soir du 19 Février, on se serait cru chez Pagnol ! On aurait pu s’attendre à voir débouler Raimu, Fernandel, Charpin, Vattier… Pourtant, le côté poétique de la situation n’était qu’illusion. C’est un déluge de propos inacceptables qui a été prononcé à mon encontre:
- « Tu es perdu mon pauvre garçon »
- « Mais t’es qui toi? T’es quoi? »
- « Mais tu te prends pour qui? Tu te prends pour qui? Tu détiens quoi, toi? Qu’est-ce que tu détiens? T’as vu tes trucs? »
La raison de ces mots? La découverte de mon blog et le fait que j’enregistre les séances du conseil municipal. Rien ne s’oppose à l’un comme à l’autre. Mais depuis le début de la mandature, lorsque le CM se penche sur mon cas, c’est pour m’annoncer, au choix, que je fais mal, que je suis fourbe, que mes méthodes sont déloyales, et tant d’autres choses du même registre.
Au sujet de mes enregistrements, le maire tiendra ce discours:
- « C’est des méthodes totalitaires »
- « C’est la STASI qui utilisait ça »
- « C’est une méthode de régime totalitaire »
Un peu d’histoire …
Dans l’ex-RDA, la STASI infiltrait la vie privée des citoyens afin de collecter des données intimes et d’identifier ceux qu’elle considérait comme une menace, comme l’illustre le très beau film « La Vie des Autres ». Dans le musée de la Stasi, vous pouvez voir des documents personnels, parfois ineptes, conservés dans des fichiers, notamment des photos de chambres à coucher et des collections de disques (voir ici). Ces pratiques évoquent aussi celles décrites par George Orwell dans 1984.
Il est consternant de voir, encore aujourd’hui, ce genre de dérive systématiquement attribuée aux régimes de l’ex-bloc soviétique, dits « communistes », qui seraient à l’origine de tous les maux dont l’humanité souffre, a souffert, ou souffrira. Cette peur du « rouge » semble tenace, quoique remplacée de plus en plus par la peur de la pastèque: vert à l’extérieur, et rouge à l’intérieur. Voilà ainsi l’extrémiste écologiste proclamée nouvelle menace du « monde libre ». Je constate qu’il ne vient pas à grand monde l’idée de dénoncer ces méthodes en les rattachant au « monde libre », dont le chef de file et maître en la matière serait plutôt les USA: pourtant, leurs services de renseignement utilisent la surveillance de masse non ciblée pour récupérer nos courriels, appels téléphoniques, recherches Internet, listes de contacts, données de géolocalisation par téléphone, images enregistrées par webcam, etc. (voir ici & ici) … et tout ça sans nous en demander la permission, ou nous en informer … On sait le sort fait à celui qui a informé le monde entier de ces pratiques, Edouard Snowden.
Mais « à tout mélanger », à lier ce qui arrive dans un petit village de 750 âmes avec la grande Histoire – URSS, RDA et USA – les « cocos » et les pastèques, je suis probablement une fois de plus en train de « m’égarer » …

« Drôle de peur, bourgeois. Quant à moi, je ne tremble point devant un coquelicot, le petit chaperon rouge ne m’inspire aucune épouvante. Bourgeois, croyez-moi, laissons la peur du rouge aux bêtes à cornes. »
Un lien avec ce que l’on me reproche ?
Le conseil municipal étant un organe de délibération de la chose publique, le législateur a permis que n’importe qui puisse filmer ou enregistrer sans avoir à en demander l’autorisation. Si j’interprète bien les propos de M. le maire, ce serait donc le législateur qui serait, chez nous, à déviance dictatoriale ? Je n’ose penser que c’est réellement ce que M. le maire avait en tête lorsqu’il s’est laissé aller à ces remarques désobligeantes. Comme si j’étais allé le filmer jusque chez lui, dans son intimité… Je me suis contenté, comme la loi me le permet, d’enregistrer des débats qui sont réputés être publics.
Je l’ai fait d’autant plus volontiers que tout semble s’opposer à la présence du public depuis plusieurs mois, ou à son information. Je n’en veux comme exemple que le « procès verbal » du CM, qui résume ces échanges, d’une durée totale de 14 minutes, par cette unique phrase : « Retour sur accueil public + retransmission CM par Mr Authelain. Courrier Préfecture : contrôle de légalité respecté. » Ces quelques mots ne reflètent en rien ce qui s’est réellement dit pendant la durée de l’incident. C’est cette façon de faire qui a lieu depuis notre prise de fonction, comme j’ai déjà eu l’occasion de relater tout cela sur ce blog. C’est lassant et je m’interroge sur le sens de tout cela. Vous trouverez ici la lettre ouverte que j’ai envoyée aux membres du conseil municipal et ici celle que j’ai envoyée au Préfet du Gard afin de l’informer de ces évènements, qui sont pour moi de graves manquements au fonctionnement de la démocratie.

Médiocratie ?
Un seul point à l’ordre du jour a été l’occasion d’échanges tendus, le projet d’aménagement du stade: nous devions attribuer le marché de la maîtrise d’oeuvre du projet.
Que s’est-il passé?
Le 12 février (J-7), nous recevons la convocation pour la séance du 19. Au point 5 de l’ordre du jour est inscrit: « Maîtrise oeuvre aménagement du stade ». Je ne dispose à ce moment-là d’aucune information supplémentaire.
Le 15 février (J-4) le projet d’ordre du jour détaillé de la réunion nous est envoyé. Je comprends à sa lecture en quoi consiste le sujet en question: 4 cabinets d’études ont été consultés pour assurer la maîtrise d’oeuvre du projet d’aménagement du stade. Ils ont fourni des devis. Nous devons sélectionner un de ces cabinets. Malheureusement, aucun devis n’accompagne ce projet d’ordre du jour détaillé. Je les réclame.
Le 18 février (J-1) les devis me sont transmis. Le projet d’ordre du jour détaillé mentionne « l’étude et analyse des dossiers » par la commission appel d’offres et fait référence aux « critères de sélection » définis par ladite commission. Mais ceux-ci ne sont pas fournis. Je les réclame. Il me semble légitime de savoir sur quels critères la commission s’est appuyée pour faire son choix, afin de savoir si je valide ce choix, ou si je souhaite faire une autre proposition.
Le PV de la réunion de la commission appel d’offres m’est transmis le 19 février à 10H14. En le parcourant, et en comparant avec les devis proposés, je comprends que quelque chose doit me manquer. Je n’ai pas (encore) tous les éléments.
Je demande au secrétariat de mairie si des éléments complémentaires sont disponibles. C’est le cas: je reçois le dernier document demandé à 14H20 pour le CM le soir-même…
Peut-on sincèrement imaginer faire sérieusement son travail dans ces conditions-là?
M. le maire me l’a dit en séance: la question ne se pose pas. « C’est la commission qui instruit le dossier, et après, on vote en conseil. Ça n’a pas à être présenté en conseil avant. » Il est même allé un peu plus loin: « Tant que c’est en commission, ce n’est même pas communicable à l’extérieur ». Cela a au moins le mérite d’être clair si j’avais encore quelques doutes: il y a ceux qui sont dedans, et les autres. Et je fais partie des autres.
Mais peu importe,ce qui est essentiel à mes yeux, c’est de faire les choses en mon âme et conscience. Comme la loi me le permet, je veux pouvoir étudier les dossiers, y réfléchir, et faire mes choix en conséquence. Je refuse de « contenir ma réflexion au stade précédant la pensée », ou d’« agir avant le moment de penser ». Je refuse de faire « l’économie du moment de la conviction ». Je préfère reconnaître un jour m’être éventuellement trompé, que de ne m’être jamais dit. En d’autres termes, je refuse la Médiocratie …

« Rangez ces ouvrages compliqués, les livres comptables feront l’affaire. Ne soyez ni fier, ni spirituel, ni même à l’aise, vous risqueriez de paraître arrogant. Atténuez vos passions, elles font peur. Surtout, aucune “bonne idée”, la déchiqueteuse en est pleine. Ce regard perçant qui inquiète, dilatez-le, et décontractez vos lèvres – il faut penser mou et le montrer, parler de son moi en le réduisant à peu de chose : on doit pouvoir vous caser. Les temps ont changé. Il n’y a eu aucune prise de la Bastille, rien de comparable à l’incendie du Reichstag, et l’Aurore n’a encore tiré aucun coup de feu. Pourtant, l’assaut a bel et bien été lancé et couronné de succès : les médiocres ont pris le pouvoir. »
Il y a dans tout cela un problème de fond qui semble ne jamais devoir se résoudre:
– si je cherche à être moi, à comprendre ce que je fais et que je ne vote pas les yeux fermés ce que l’on me propose, je suis celui qui em… tout le monde,
– si je fais autrement, je ne suis pas en accord avec moi-même.
A choisir, je préfère rester fidèle à un fonctionnement qui me permet de ne pas rougir de prises de position ou de déclarations passées.
Voilà pour la forme. Reste le fond …
En parcourant les documents fournis pas les différents cabinets d’étude, j’ai découvert que le projet d’aménagement du stade concerne à présent deux sites: l’ancien stade ET le terrain à côté de la crèche.
Pourquoi pas? Mais pourquoi ne pas en parler en amont?
Et si quelque chose devait se faire sur la seule parcelle communale, pourquoi ne pas tout d’abord penser un projet global sur cette parcelle? Si un projet ultérieur voit le jour, l’implantation prématurée des futurs éléments de loisir n’en gênera-t-elle pas la réalisation? Nous sommes en début de mandat. C’est le début d’initier les projets un peu « fous » dont on sait qu’ils sont longs à réaliser. J’avoue que cette parcelle fait souvent naître en moi l’envie de projets divers et variés… J’aurai sûrement l’occasion d’y revenir.

En tout cas, une drôle de conception de la démocratie …
Il y a au CM des conseillers issus de deux listes différentes. Tout se passe comme si une liste, parce qu’elle a obtenu la majorité des sièges au conseil municipal n’avait pas à rendre de compte aux élus de l’autre liste. Comme si les colistiers de M. Condomines représentaient – beaucoup, beaucoup – plus d’électeurs que l’autre liste, tellement plus que l’avis de « l’autre » – électeur ou élu – n’aurait plus à être pris en compte. On connaît trop cela, que certains ont nommé « la tyrannie de la majorité sur la minorité », vision médiocre de la démocratie!
Chaque membre du conseil municipal a été élu par un peu plus de la moitié des électeurs qui se sont exprimés. Situons à environ 223 électeurs cette moyenne obtenue par chacun des conseillers municipaux au premier tour. Appliquons ce nombre pour les élus du deuxième tour pour simplifier les choses. Rappelons que le taux d’abstention de ce premier tour est de 27,05%, ce qui signifie qu’un électeur sur trois ne s’est pas déplacé ce jour-là. Précisons aussi que je suis le conseiller qui a eu le plus d’électeurs.
La liste de M. Condomines pèse-t-elle pour 223 X 11 = 2 453 électeurs, et celle de Nicole Pratlong pour 223 X 4 = 892 électeurs? Aberrant. Les électeurs de l’une des deux listes vaudraient-ils tellement mieux que ceux de l’autre liste que les moins nombreux et leurs représentants élus démocratiquement puissent être méprisés et attaqués ainsi en permanence? Non. Tous les électeurs de Durfort sont en droit d’exiger que celui ou celle qu’ils ont élu(e) puisse exercer son mandat sereinement, et soit traité(s) avec dignité et équité. Ce n’est pas le cas aujourd’hui, comme l’illustrent les attaques dont j’ai été victime lors du dernier conseil municipal.
Comment faire en sorte que les intérêts de tous les durfortois soient véritablement représentés au sein du conseil municipal? Certainement pas en invisibilisant l’un des groupes présents. Ni en faisant comme si sa présence au conseil municipal était illégitime. Ni en lui demandant « qui il est », ou en lui disant qu’il est « perdu ». En faisant preuve à son égard d’autant de violence, on insulte tous ses électeurs, et, n’en déplaise à M. le Maire, on méprise la démocratie et ses règles les plus élémentaires.

Il n’y a pas, d’un côté, ceux qui ont raison, et de l’autre ceux qui ont tort, et qui devraient « changer »: changer de méthodes, de pratiques, faire autrement… Un peu comme si certains détenaient LA Vérité et que tous les autres seraient dans l’erreur… Comme des hérétiques à qui l’on demanderait sans cesse d’abjurer leurs pratiques, leurs méthodes ou leurs convictions… Bien entendu, je suis l’hérétique. Et Nicole Pratlong également. C’est à nous de changer, sous peine, j’en ai eu la démonstration lors de la séance du 19 février, d’être lynchés sans autre forme de jugement … certains cévenols ont la mémoire courte !!!
J’ai la faiblesse de penser que les hommes et les femmes qui m’on élu l’ont fait en connaissance de cause. Comme me l’a dit un habitant du village: « Finalement vos idées, elles plaisent plus que ce qu’on pourrait croire… ». Ceux qui ne souhaitent que « vivre heureux dans leur village », en essayant d’oublier la réalité du monde qui les entoure se mettent le doigt dans l’oeil: la réalité les rattrapera toujours, eux, leurs amis, ou leur descendance… Pour la fuir, ils ne pourront que construire des murs, toujours plus hauts, comme on le voit partout dans le monde.
Comme je refuse cette façon de faire, « je mélange tout », grande et petite histoire, convaincu qu’elles sont indissociables et que c’est ainsi que l’on peut aider à construire un avenir meilleur d’une humanité à laquelle nous appartenons tou(te)s.
À suivre!
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