Petite chronique décalée du conseil municipal – 17/12/20 –

Jeudi 17 décembre 2020, le conseil municipal s’est à nouveau réuni. 

Comme un parfum d’électricité dans l’air…

Je reviendrai sur le moment qui a précédé l’ouverture de la séance dans un prochain billet. Cela s’est conclu par l’exclusion du public. Neuf personnes qui s’étaient déplacées n’ont pu assister au début du conseil municipal. Etait-il réellement aussi simple que ça de renvoyer de la sorte les citoyens présents? Les choses s’éclaircissent peu à peu: j’ai écrit à la sous-préfecture pour savoir ce qu’il en est; j’ai reçu sa réponse, qui fera l’objet d’un article très prochainement.

Un marché municipal à Durfort!

Le sujet central de cette séance, une fois que nous nous sommes retrouvés sans public, fut la création d’un marché municipal, et de toutes les carabistouilles administratives qui se doivent de l’accompagner (règlement intérieur, régie municipale, etc…).

Alors soyons clairs: le marché de Durfort existe sous une forme dite de « vente au déballage » depuis le 21 juin. La mairie se contente de transformer ce qui existe depuis maintenant 6 mois, avec le succès que l’on sait, en une entité juridiquement différente. Souhaitons une longue vie à ce fameux marché que toutes les communes environnantes nous envient. Tout cela a déjà été raconté ici, je n’y reviens pas.

L’équipe qui porte le marché depuis le début a été écartée de toute discussion portant sur l’avenir du marché: querelle de clocher sans grand intérêt. La méthode ne cessera de m’étonner – j’y reviendrai.

Ce qui compte pour l’heure, c’est que ce marché perdure avec le même succès que celui qu’on lui connaît, et ce aussi longtemps que possible!

« Démerdez-vous entre vous!

Et on se démerdera avec toi! »

2 phrases prononcées ce soir-là qui résument à elles seules l’incapacité des parties en présence à communiquer…

La polémique a porté sur deux points.

Le premier porte sur la forme juridique du nouveau marché. D’autres possibilités qu’un marché municipal, tel un marché associatif, étaient envisageables. Cela a été évoqué lors d’une réunion entre la mairie et les initiateurs du marché. La mairie prétend le contraire. Ce n’est pas la première fois que nous ne sommes pas d’accord. Les responsables des associations présents à la réunion confirment mon propos.

Par ailleurs, celles et ceux qui étaient présent(e)s lors des réunions avec la mairie ne se reconnaissent pas vraiment dans les propos que les adjoints leur ont prêté lors de la séance du 17 décembre, notamment au sujet de leur prétendue fatigue. Nous aurions été épuisés, et aurions supplié la mairie de reprendre le marché car dans l’incapacité de poursuivre. Là encore, c’est totalement faux.

En fait, j’en étais (du marché, tous les dimanches, à tenir la buvette – amener le frigo de la buvette à dos d’homme depuis l’endroit où nous le stockions la semaine, amener et ramener le matériel de la buvette dans deux brouettes, faire la vaisselle, installer les tables et les bancs à 7H30 le matin, tout ranger à 13H00 ou plus… – mais pas à la réunion à la mairie il est vrai): tout cela représenta un travail certain, mais quel bonheur de participer dimanche après dimanche à un évènement qui permit tant de rencontres et d’échanges sur notre belle place de l’église qui se drapait alors de ses atours les plus festifs, faisant de Durfort, le temps d’une (longue) matinée hebdomadaire, le centre du piémont cévenol. N’oublions pas la période: nous sortions d’un confinement strict et généralisé; nous n’allions pas tarder à y retourner (nous ne le savions pas forcément): comme un moment hors du temps, irréel mais tellement ancré dans notre vécu… Comme un avant-goût de ce monde d’après dont tout le monde rêvait alors, sans savoir par où l’attaquer. Un moment à chaque fois unique qui se répétait toutes les semaines. Qui permit à tant de monde de s’évader de cette grisaille tenace tout en vaquant à une occupation des plus élémentaires: faire ses courses auprès de producteurs locaux, ravis eux-aussi de cette opportunité… Pas vraiment eu le sentiment d’être au bout du bout.. Mais peu importe. Photos et vidéos en ligne ici.

Comme un air de déjà vu…

Même si les séances des conseils municipaux sont parfois des moments difficiles tant la tension est à son comble, elles sont aussi un formidable poste d’observation de la complexité des relations humaines et des stratégies mises en oeuvre par les uns et/ou les autres. Disant cela, je ne me mets pas à part.

Vauvert (30), coucher de soleil

Et à part ça?

Nous avons également parlé déchets. La communauté de communes envisage, sous l’impulsion de directives nationales, de passer à la tarification incitative. L’idée est de faire payer les usagers en fonction de leur production de déchets. Le débat ouvert ce soir-là (il n’y eut pas de vote) consistait à recueillir nos avis et impressions. 2 questions essentielles:

  • Quel mode de facturation? Taxe (c’est l’État qui facture, encaisse, redistribue, et réclame encas d’impayé) ou redevance (dans ce cas-là, c’est la communauté de communes qui fait le job)?
  • Quel mode de ramassage? Actuellement, au sein de la communauté de communes, 10 communes sont en ramassage collectif, les 24 autres en ramassage individuel.

Petite info en passant: la communauté de communes doit gérer chaque année des impayés à hauteur de trente mille euros.

Mais concrètement, comment ça marche?

Pour faire simple, il faut équiper ou renouveler tout ou partie des bacs et des containers. Ils doivent être dotés de puces électroniques et de systèmes de pesée. Les véhicules de ramassage doivent être modifiés ou renouvelés: eux aussi doivent être équipés de systèmes dits « intelligents ». Réorganisation du système de collecte, investissement matériel, reclassement de certains agents… Bref, comme à chaque fois que l’on se pare de belles intentions au nom de l’écologie (lutter contre le gaspillage alimentaire, éviter les déchets verts, augmenter la durée de vie des produits, adopter une consommation responsable, réduire les déchets du BTP, des entreprises), on commence par mettre en place des solutions coûteuses et techniques. Comme avec les compteurs Linky, Gazpar ou toute autre solution technologique destinée à engager la fameuse transition écologique dont on ne cesse de parler, mais que l’on ne voit toujours pas venir…

Ceux qui ont un jardin pourront composter. Ils seront avantagés. Les personnes âgées ont des difficultés à maîtriser le problème. Elles utilisent souvent des protections qui pèsent lourd une fois dans la poubelle.

Les investissement sont colossaux: 785 mille euros pour la collecte individuelle, 2 millions pour la collecte collective. Quel retour sur investissement? Quelle quantité de déchets économisés? A quelle échéance? Un comité de suivi est-il prévu? Pourra-t-il modifier la trajectoire si la réalité ne colle pas aux prévisions? Peu de projets institutionnels mis en oeuvre sont réellement évalués et réajustés au fil du temps. On lance une usine à gaz, on finance, et on laisse filer pendant 30 ans, avant de lancer une nouvelle usine à gaz car rien n’a fonctionné comme prévu au départ… En même temps, il y a urgence à réduire nos déchets. Bref, une sacrée réflexion à mener. Personnellement, je n’ai pas encore un avis tranché sur la question.

Le calendrier est très avancé: l’adoption et le vote du budget du projet sont programmés au printemps 2021. La communauté de communes semble décidée à franchir le pas. Les seules questions qu’elle se pose sont donc: quel mode de collecte, et taxe ou redevance? Et vous, qu’en pensez-vous? Pour? Contre? Des idées? Des envies?…

Pour celles et ceux qui souhaiteraient approfondir le sujet, voir ici, ici, ici, ou encore ici.

Il ne me reste plus qu’à vous adresser tous mes voeux pour cette nouvelle année qui démarre!!!

Soyons positifs: en toute logique, elle ne peut qu’être meilleure que celle qui vient de s’écouler. En même temps… qui sait ce que l’avenir nous réserve?… Nul ne peut dire de quoi cette crise qui n’en finit pas accouchera: du pire ou du meilleur? Tout est à écrire. Notre avenir dépendra de ce que nous en ferons… La balle est dans notre camp. A nous de jouer!

À suivre!!!

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