Et pour quelques oeufs de plus…

Dimanche 25 avril, une scène sidérante s’est produite sur le marché de Durfort. 

Un marchand récemment arrivé a été l’objet d’un déchaînement verbal d’une violence insensée de la part d’un autre marchand. 

Voilà une retranscription très succincte et approximative, mais confirmée sur le fond par des témoins, du contenu de l’échange:

 Marchand 1: « (hurlant) On te l’a dit, t’as pas à mettre des fraises quand il y en a sur un autre stand! Et c’est pareil pour les oeufs!

Marchand 2: Tu n’as pas à me parler sur ce ton! 

Marchand 1: (continuant à hurler) C’est mon ton à moi! Et c’est pas autrement! (…) »

Ainsi un marchand peut venir dire – pardon, hurler – à un autre ce qu’il a le droit de vendre ou pas. Ce qu’il est autorisé à sortir de son camion et ce qu’il doit laisser à l’intérieur.

Certes, un article du règlement intérieur stipule que « les exposants proposant les mêmes produits ne pourront déballer qu’après avis de la commission des marchés, en fonction de la demande ».

Mais :

  • à ma connaissance, ce n’est pas à un marchand de se substituer à la commission des marchés,
  • quelle que soit la faute éventuelle du marchand 2, rien ne peut justifier la violence utilisée ce jour-là,
  • le dit-marchand 2 propose des produits issus de l’agriculture biologique, ce qui n’est pas le cas du marchand 1, ni du 1 bis. 1 bis est absent du dialogue mais assiste à la scène un peu plus loin. Il propose des fraises. 1 propose des oeufs. À priori, 1 bis ne trouve rien à redire, semble-t-il, de la tournure prise par les évènements. Et pourtant, 1 bis est membre de la commission du marché. De fait, l’étiquette « bio » accolée aux produits de 2 fait que ce ne sont pas « les mêmes produits » qui sont proposés aux clients. Et c’est bien connu, le « bio » a ses clients qui lui sont fidèles…

Après vérification, et en accord avec le règlement, le marchand 2 n’est effectivement censé venir « qu’en complément » des autres marchands. Mais bien entendu, tout cela se fait à l’oral, sans aucun écrit. « On » a demandé à 2 de venir « en complément ». Rien n’est couché sur le papier, et la commission n’a ni validé ni invalidé quoi que ce soit. Certains reprochent à 2 de ne pas tout produire lui-même. Comme si tous les marchands passés sur le marché depuis cet été étaient exclusivement des producteurs de tous les produits qu’ils vendent…

Décidément, il règne à Durfort City comme un relent de… comment dire… bof. Inutile de mettre des mots sur ce genre de comportement. Chacun a compris. Cette violence m’évoque celle que j’ai moi-même subie lors du conseil municipal du 19 février (voir ici). Comme un climat qui s’installe et qui ne sent – vraiment – pas bon…

En tant que membre co-fondateur de ce marché (voir ici et ici), totalement impuissant aujourd’hui sur le sujet, je ne peux que me désoler que ce genre d’incident, inacceptable, se produise, que ce soit ici, à Durfort, ou ailleurs. Au-delà du caractère injustifiable de l’évènement en soi, tout cela est à mille lieux de l’esprit qui a présidé à la création de ce marché.

Rien ne peut justifier le ton et la violence employés ce dimanche

Celles et ceux qui le pensent doivent le faire savoir pour éviter que cela devienne récurrent et qu’il soit trop tard, ensuite, pour changer les choses.

Même si le contexte n’a rien à voir, cet évènement et ses conséquences possibles lorsqu’on laisse faire sans réagir m’évoquent, dans une moindre mesure bien entendu, les mots du pasteur Martin Niemöller,  de l’église confessante (mouvement des églises protestantes d’Allemagne opposé au nazisme), intitulé « Je n’ai rien dit »:

« Quand ils sont venus chercher les communistes,

Je n’ai rien dit, je n’étais pas communiste

Quand ils sont venus chercher les syndicalistes,

Je n’ai rien dit, je n’étais pas syndicaliste

Quand ils sont venus chercher les juifs,

Je n’ai rien dit, je n’étais pas juif

Quand ils sont venus chercher les catholiques,

Je n’ai rien dit, j’étais protestant

Puis ils sont venus me chercher,

Et il ne restait plus personne pour dire quelque chose« 

Une question se pose: quelle va être la réaction de la commission des marchés? Accepter ce genre de comportement? Ou refuser catégoriquement que le marché de Durfort soit le théâtre de telles scènes?

Pour vendre quelques oeufs de plus, pourra-t-on, à Durfort, exiger vertement qu’un marchand laisse les siens au fond du camion, et, pourquoi pas, face à son éventuel refus, utiliser la force pour le contraindre à le faire? La question est posée.

À suivre!

Merci à Stéphane, Brigitte, Jean et +++ pour leur apport à cet article…

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