Partager la publication "Petite chronique décalée du conseil municipal – 25/09/20"
Vendredi 25 septembre, le conseil municipal s’est à nouveau réuni. Chouette !
Tout d’abord, célébrons ce qui doit l’être : l’ambiance de cette séance fut globalement plutôt sereine, chacun semblant trouver sa place. Idéal après le « combat de coqs » qui suit presque inévitablement des élections. Tout le monde semble vouloir faire en sorte que ce conseil municipal ne soit pas le théâtre d’affrontements stériles. La plupart des votes se sont déroulés plutôt tranquillement, « à l’unanimité ».
Quelques points à l’ordre du jour ont quand même suscité des interrogations de chaque côté de l’échiquier, ce qui est plutôt positif en terme de démocratie. Passons en revue les quelques points qui sont, de mon point de vue, les plus intéressants:
- Nous avons procédé de nouveau à l’élection des membres de deux commissions : CCAS (action sociale) et CAO (appel d’offres). Rappelez-vous les difficulté initiales à trouver le bon mode opératoire (voir ici). Nous avons créé la surprise en annonçant que nous ne présentions aucun candidat: ne nous sentant pas bienvenus, nous n’avons plus envie d’imposer notre présence. Comme l’a fait remarquer monsieur le Maire : « Tout ça pour ça ». J’ai précisé que si nous ne présentions aucun candidat, nous accepterions avec plaisir de venir siéger à ces commissions, ainsi qu’à toutes les autres, lorsque nous y serions invités.
- Payez-vous la redevance pour la modernisation des réseaux ? C’est normal si vous êtes raccordé à l’assainissement collectif. Ça ne l’est pas si vous êtes en assainissement individuel, or certains foyers semblent s’acquitter de la redevance depuis plusieurs années. Un foyer a fait la demande de remboursement de ces sommes. Or, on n’a normalement que deux mois pour faire une réclamation. Malgré tout, il a été décidé de procéder au remboursement des deux dernières années de ce trop-payé. Ce qui est accordé à l’un devant l’être à tous les autres, M. le maire a décidé un recensement sur le village des foyers concernés par cet éventuel remboursement, et la modification à l’avenir du mode de facturation. J’invite tous les durfortois qui sont en assainissement individuel à jeter un coup d’oeil sur leurs factures, et à se rapprocher de la mairie s’ils constatent qu’ils règlent eux-aussi, par erreur, cette redevance. Là encore, nous avons été d’accord sur le fond.

Quels choix pour nos achats de matériel ?
L’aménagement de l’aire de jeux de la rue haute fut l’objet du premier « vrai » débat. L’équipe municipale souhaite réaménager cet espace. La structure de jeux actuellement en place serait conservée. Des équipements viendraient compléter cette offre. Elle a donc demandé à 3 entreprises de réaliser des devis. Il s’agit de Védif Collectivités, Direct Jeux et JPP Equipement. Les montants des devis sont compris entre 4241, 24 et 4933 euros hors-taxe. Faisons court : ces 3 sociétés sont des multinationales tout ce qu’il y a de plus classiques. De plus, 2 de ces structures n’en font qu’une, appartenant en bout de chaîne à la même structure. Pour ma part, la question ne se pose pas. Nous ne pouvons nous plaindre du délabrement de notre économie, de la disparition de tous les emplois locaux et des savoir-faire, de la crise environnementale qui s’accélère, et en même temps, continuer à faire comme avant. Faire appel à ce genre de sociétés doit rester l’exception. Et si nous n’avons pas le choix, alors c’est la pertinence-même de l’achat qu’il faut interroger. Pouvons-nous nous en passer ?
La question, dans l’affaire qui nous occupe est: pouvons-nous faire autrement ? La réponse est: oui. Il existe juste à côté de chez nous un artisan-sculpteur-créateur de jeux en bois de qualité. Il s’agit de David Steinfeld, basé à Monoblet (voir ici).
Par ailleurs, nous avons posé la question des normes de sécurité en ce qui concerne le sol de ce genre de jeux. Si la législation impose certains revêtements, leur financement n’est pas inclus dans le budget présenté. Si les employés municipaux se chargent de la pose des jeux, quid de la responsabilité en cas de problème ? Un document attestant de la conformité de la pose et des équipements doit être rempli. Cela a-t-il été anticipé? Nos questions sont restées sans réponse. Quant à la question du coût, qui a été abordée, je répondrais que tout cela relève de choix qu’une collectivité exemplaire doit faire. « Gouverner, c’est choisir ». Un des premiers choix de la municipalité en place a été de relever le montant des indemnités des adjoints et du maire. D’autres situations, répondant à des impératifs socio-économiques et environnementaux justes, peuvent nous conduire à faire le choix du « plus cher ». Nous pourrons malgré tout en être fiers. Sur ce vote, et ce sera la seule fois de la soirée, je me suis donc abstenu, n’ayant pas la garantie de ce qui se fera. Pour celles et ceux qui veulent aller plus loin, voir ici.
Un festival sur la commune ?
L’équipe de M. le maire a pour projet la création, probablement l’été prochain, d’un festival musical sur la commune. Idée intéressante, que je soutiens sur le principe. Pour créer un évènement digne de ce nom, des dossiers de demande de subvention doivent être déposés auprès de diverses instances (département, Région, DRAC…).
L’un de ces dossiers doit être déposé rapidement. Pour le déposer, il faut que le conseil municipal ait pris une délibération dans ce sens. Voter, oui, mais pour quoi ? Quel type de festival ? Quels styles musicaux ? Quelle durée ? Un jour ? Deux jours ? En intérieur ? En extérieur ? Un mixe ? Un lieu ? Plusieurs ? Avec déambulation ? Faisant appel à des professionnels, des semi-pro ou des amateurs ? Un peu de tout ? Déplaçant des musiciens de tous horizons ou locaux ? Les nourrissant, les hébergeant ? Quel budget ? Quel engagement de la commune ? Comment seront élaborés la programmation et les modalités du festival ? Beaucoup de questions sans réponse à ce jour. Or, pour déposer un dossier de demande de subvention, le projet doit être un minimum défini. Soutenir un projet de festival, certes, mais à condition de savoir ce qu’on demande de soutenir.
Je n’en sais rien, et on m’a clairement fait comprendre que mes questions, une fois de plus, agaçaient: « David, tu retombes dans tes travers »… fut, une fois n’est pas coutume la conclusion de tous ces échanges.
Mais que voulez-vous ? Difficile pour moi, je l’avoue, de donner ma bénédiction dans ces conditions. J’ai cependant voté pour, un peu à contrecoeur je l’avoue, mais pour envoyer un signal fort à l’équipe en place de ma volonté de faire avancer les choses. Affaire à suivre…
Pour celles et ceux qui veulent une analyse plus fine de ma réflexion, voir ici.
Une dernière chose : de marché, ce jour-là, il ne fut pas question… Dommage.
A suivre !
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